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Reynès
d'Antan
Le Cerclier était travailleur de la forêt, il avait l'art
de fabriquer des cercles en bois de châtaignier que l'on appelait des
feuillards.
Son travail consistait à couper et élaguer de jeunes pousses. A l'aide
d'une serpe il les fendait en deux en suivant la moelle du bois.
Si la branche était trop épaisse il la taillait deux fois. Le bois une
fois fendu, le Cerclier l'amincissait en dedans pour lui enlever de l'épaisseur
en s'aidant d'une plane.
Pour immobiliser le bois le Cerclier se servait d'une chèvre
ou parfois d'une marotte qui lui servait d'établi. C'était un
travail d'équarrissage délicat pour garder la même épaisseur à toute la
longueur de la tige.

Les cercles terminés étaient cintrés dans un moule monté avec six ou huit
pieux enfoncés à même le sol. Les cercles flexibles prenaient ainsi la
dimension circulaire voulue.
Sur les cercles il ne fallait pas abîmer l'écorce, le tonnelier voulait,
par un soucis d'esthétique, garder intacts les cercles qui entourent les
barriques.
Une fois confectionnés, les cercles étaient assemblés par meules de 25.
Ces meules que l'on appelait des "ermounis".
Comme d'autres métiers de la forêt, le Cerclier a lui aussi disparu de
notre montagne reynésienne et de notre beau Vallespir.
Pourtant, c'est grâce à son savoir que les éclaircissages des forêts et
des taillis méthodiques permettaient ainsi aux belles "filates"
de châtaigniers de se dresser droites et vigoureuses vers le ciel.
René BORRAT
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