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Le chêne liège


LE CHENE LIEGE, UN ARBRE ETONNANT


Le chêne-liège est présent sur notre territoire depuis 6500 ans avant J-C. Son évolution et son devenir sont très fortement liés à l'occupation de l'Homme et à son organisation sociale.
Utilisé pour ses glands dans l'alimentation des animaux domestiques, pour son bois pour le chauffage et la construction, c'est avec son écorce que le chêne-liège acquiert toutes ses lettres de noblesse.
Le Plus Grand Chêne Liège du MONDE est à Reynès !
Le chêne-liège est un arbre au tempérament calcifuge, c'est-à-dire poussant essentiellement sur des sols pauvres en calcaire actif (granit, gneiss, schistes, …). Grâce à un système racinaire pivotant qui lui permet un enracinement très profond, le chêne-liège peut se développer dans des sols peu propices, fortement argileux ou très superficiels.
Cela constitue pour lui une bonne adaptation à la sécheresse. Mais les sols qu'il affectionne sont des sols légers, frais, bien drainés (teneur en sable supérieure à 50%), profond, à texture sablo-argileuse, reposant sur une roche mère métamorphique.
De petite taille, le chêne-liège ne dépasse que très rarement les 25 mètres. Sa taille habituelle est de l'ordre de 13 mètres.

En pays catalan, dans les Aspres et les Albères, la hauteur dominante moyenne est de l'ordre de 9 mètres.
A l'état naturel, il peut fêter plus de 500 anniversaires, mais les levées successives de liège diminuent fortement cette remarquable longévité qui, compte tenu de l'état de dégradation des suberaies (abandon, feux successifs, …), est descendu à environ 150 à 200 ans.
Le bois du chêne-liège est dur et lourd. Sa résistance au frottement et à la pourriture sont des qualités demandées dans la construction de certaines pièces de bateaux, des outils et les parquets pour lesquels il était autrefois utilisé. Actuellement, la principale utilisation du bois de chêne-liège, hormis la production de liège, est le bois de feu car il constitue un très bon combustible.

C'est l'écorce du chêne-liège qui représente la partie la plus singulière de cet arbre. C'est un tissu végétal constitué de micro-cellules mortes alvéolées, composé à 90% de matière gazeuse, qui lui confèrent une densité extrêment faible.
D'un point de vue thermique, acoustique et vibratoire, le liège est un très mauvais conducteur. Sa première utilisation en tant qu'isotherme remonte très tôt dans l'Antiquité dans la fabrication de ruches.
En ce qui concerne sa place dans la construction, on retrouve quelques traces des premiers emplois du liège comme isolant thermique parmi les populations primitives d'Afrique du Nord qui l'utilisaient en plaques et mélangé avec de l'argile pour la construction des murs de leurs habitations.

Le liège : une matière extraordinaire et naturelle Aujourd'hui, le liège est concassé pour former des granulés de liège, qui, portés à 300°C, se dilatent et s'agglomèrent avec sa propre résine sans adjonction d'aucun liant. Sous cette forme, il est utilisé en panneau d'isolation thermique mais aussi acoustique.

La grande concentration de subérine dans le liège rend les cellules de ce tissu imperméable aux liquides et aux gaz. Grâce à ces trois propriétés, le liège devient le matériau idéal pour le bouchage des bouteilles. Le liège chimiquement inerte ne porte pas préjudice à la santé et résiste à l'usure du temps. Il conserve intacte son élasticité naturelle et assure une étanchéité totale à la bouteille qu'il bouche. De plus, le liège et le vin sont étroitement liés car tous les pays producteurs de liège, sont aussi de grands producteurs de vin.



LES BOUCHONNIERS

La première mention de l'utilisation du liège en bouchage remonte il y a 5 siècles avant J.C.
Il était utilisé pour boucher les amphores qui contenaient déjà du vin. Mais c'est à partir de 1681, avec la généralisation de la bouteille en verre, que Dom Pérignon, moine Bénédictin, utilise le liège pour boucher son vin pétillant… Ce sera le départ du développement d'une activité qui passera rapidement à l'échelle industrielle et qui s'étendra aux autres pays d'Europe.
De nos jours, avec l'évolution des procédés de fabrications industrielles, on rencontre sur le marché différents types de bouchon en liège : naturel, colmaté, de synthèse, aggloméré, de champagne… Bouchons de conceptions et de tailles différentes en fonction du type de vin conservé, dans un souci d'assurer à ce vin le maintien de ses qualités propres et l'amélioration qu'il connaît en vieillissement. Une vingtaine de bouchonniers, qu'ils soient artisans ou industriels, sont répertoriés dans les Pyrénées-Orientales.
L'entreprise la plus importante en Pays Catalan en matière de bouchons est sans conteste Sabaté puisque cette entreprise est le n° 2 mondial dans ce secteur. (C'est en 1939 que Modest Sabaté créa " Sabaté en Roussillon " dans la région du Boulou).



UNE MATIERE TRES UTILISEE

Depuis très longtemps le chêne-liège est utilisé pour se protéger du froid et de l'humidité dans la fabrication des chaussures. Dans la décoration, produit naturel, il réchauffe et enrichit tous les types d'intérieur. De couleurs naturelles ou colorées, il est très apprécié pour son apparence, son côté isolant, tout en ne réclamant qu'un entretien minime.
Il est utilisé en parquets (grande résistance à l'abrasion) ou en dalles murales sous forme de feuille de liège naturel ou aggloméré. Dans l'industrie du froid, il est employé pour la construction des chambres froides, l'isolement des bacs réfrigérés, comme couvre-tubes.
Dans les activités de loisirs, il sert pour les manches de cannes à pêche, flotteurs, différents types de balles, raquettes de tennis de table, cibles des jeux de fléchettes, bourres des cartouches, jouets, gadgets, tableaux pense-bêtes, plateaux, dessous de plats.
Dans la confection et la maroquinerie : vêtements, porte-feuille, sac, nécessaires de bureau… Dans la musique, ses qualités d'isolant acoustique sont intéressantes pour éliminer les bruits parasites notamment des instruments à vent tels que hautbois, clarinette, saxophone…
Dans les industries automobile, électrique, de l'ingénierie et l'aéronautique, il est souvent utilisé pour ses propriétés d'isolant (isolation sur de faibles dimensions) et pour sa forte résistance à la chaleur (capacité à retarder l'entrée en feu). L'exemple le plus étonnant dans ce domaine, est son utilisation comme bouclier de protection sur les navettes spatiales afin de les protéger contre la température élevée provoquée par le frottement, quand la fusée rentre dans l'atmosphère…



AUTRES CARACTERISTIQUES

Les feuilles du chêne-liège présentent un polymorphisme très marqué. Elles sont alternes, généralement coriaces, plus ou moins dentées, vert-brillant et présentent une pubescence sur la face inférieure. Elles sont persistantes entre 2 et 3 ans.
Le chêne-liège est monoïque : les fleurs mâles pendent en chatons (de 4 à 8 cm de long) à l'extrémité des rameaux de l'année précédente et les fleurs femelles s'insèrent à l'aisselle des feuilles de la pousse de l'année. La floraison a lieu au printemps, parfois en automne mais dans ce cas ne donne pas de glands. De forme ovoïde, à pointe courte et velue, les fruits, appelés glands, présentent une taille variable. La cupule est polymorphe, conique, grisâtre ou roussâtre, avec des écailles lâches. La maturation des glands a lieu au cours de l'année de floraison, et arrive à son terme à la fin de l'automne. Le chêne-liège fructifie à partir de 15 à 20 ans, avec une importance variable suivant les années. Le chêne-liège est un arbre assez exigeant en ce qui concerne la chaleur et l'humidité. Il requiert des précipitations annuelles supérieures à 600 mm, et des températures moyennes annuelles supérieures à 13,5°C environ, avec des minimas supérieurs à -5°C. Ces exigences peuvent néanmoins varier en fonction de certaines particularités stationnelles : humidité stationnelle élevée, fraîcheur relative due à une nappe phréatique peu profonde, etc…
Tout ceci explique d'ailleurs fort bien sa répartition géographique : absent des régions à tendance climatique continentale, on le trouvera plutôt dans des zones à influences maritimes douces et humides, sur les façades océaniques.
D'après les données d'IPROCOR (Institut de recherche pour la promotion du liège en Espagne) de 1991, la suberaie dans le monde atteint environ 2 289 000 hectares, avec la répartition suivante :

Portugal : 750.000 hectares soit 32,7 %
Espagne : 500.000 hectares soit 21,8 %
Algérie : 410.000 hectares soit 17,9 %
Maroc : 340.000 hectares soit 14,8 %
France : 100.000 hectares soit 4,3 %
Tunisie : 99.000 hectares soit 4,3 %
Italie : 90.000 hectares soit 3,9 %
TOTAL : 2.289.000 hectares soit 100 %

Le chêne-liège est une essence forestière occupant une aire relativement restreinte en France. Elle prospère exclusivement dans le bassin de la méditerranée occidentale, tout en débordant sur les côtes atlantiques.

Département du Var : 33 000 Ha d'aire dont 23 000 économiquement exploitable
Département de la Corse : 21 500 pour 15 500
Département Pyrénées Orientales : 16 000 pour 5000
Région Aquitaine : à peine 100 ha

En pays catalan, ce sont 700 tonnes de liège qui sont produites chaque année.
Les deux principales régions naturelles concernées sont les Albères et les Aspres :

Albères : 5 000 Ha
Aspres : 4 300 Ha
Total : 9 300 Ha

La rénovation de la suberaie catalane dans une démarche globale d'aménagement de l'espace, incluant la protection anti-incendie, et la relance de cette filière dans la région, sont des priorités qui reçoivent le soutien plein et entier du Conseil Général.Une petite suberaie sur Reynès
Il s'agit d'un partenariat avec l'Institut Méditerranéen du liège (IML), créé en 1993, en accord et en concertation avec les représentants des différentes régions françaises productrices de liège (Corse, Var, Sud-Ouest).
Le Président de l'IML est M. Jacques Arnaudiès, maire de Vives et le Directeur M. Olivier Rodor. Cet Institut, implanté à Vives, est chargé de centraliser les connaissances et de coordonner les différentes actions en faveur du chêne-liège et du liège pour, d'une part rénover les suberaies catalanes et, d'autre part promouvoir la qualité du liège catalan par un travail de recherche et d'expérimentation, de conseil, de sensibilisation et de communication.
Il apporte également des solutions aux propriétaires de suberaies.
Depuis trois ans, les organismes de la forêt privée organisent des ventes de liège sur pied. Grâce à ce système, il se vend actuellement environ 60 tonnes de liège " bouchonable " (liège femelle) par an et autant en liège de moins bonne qualité (liège mâle et liège brûlé).
Chaque année, le Conseil Général participe financièrement dans le cadre des programmes de recherche, de développement et de vulgarisation à propos du chêne-liège.
Il est intervenu dans le cadre de l'investissement de départ pour la mise en place d'un chantier-école qui s'inscrit dans la politique menée actuellement en faveur de la relance de la production de liège. Il participe également à l'organisation d'un colloque international " VIVEXPO " qui a lieu tous les deux ans, à Vives.
Le Conseil Général est aussi présent en ce qui concerne les actions pour la conservation de la forêt méditerranéenne et pour la préservation de nos suberaies contre les risques d'incendie (enjeu majeur pour les massifs des Aspres et des Albères).
Devant le risque " feu de forêt ", le chêne-liège a un comportement particulièrement exceptionnel. En effet, le liège protège les parties vitales de l'arbre lors du passage du feu. Le liège est carbonisé, mais la vie est protégée… Tel le Phénix, il renaît de ses cendres ! Cette vertu lui confère de multiples avantages, économiques et écologiques, qui font de lui un arbre remarquable.
Sachez que des vaches bien de chez nous, les massanaises, participent à leur manière - en broutant la végétation aux pieds des chênes-lièges - à l'entretien des suberaies et de fait, à la lutte contre les incendies.



LE BOIS EST LA SEULE RESSOURCE NATURELLE RENOUVELABLE PAR LA PLANETE

Plus on le récolte dans le cadre d'une gestion intelligente, plus la forêt se développe.
C'est pourquoi le Conseil Général se mobilise avec la mise en place de trois types d'action :

- Prévenir les risques naturels
- Contribuer au développement économique (énergie renouvelable, développement des filières, promotion des essences locales dans la construction…)
- Contribuer au développement social et à la qualité de vie grâce, par exemple, à la pépinière départementale.



LE CHENE-LIEGE VOUS INTERESSE, RIEN DE PLUS SIMPLE

Fédération Française des Syndicats du Liège
Roussillon Passé Présent : un historique complet sur l'économie du liège
Musée du liège à Maureillas Las Illas : 04 68 83 48 00 / 04 68 83 15 41
Institut Méditerranéen du Liège (Route du liège 66490 VIVES Tél. : 04.68.83.39.83)


Cet article est extrait du magazine du Conseil Général, "l'Accent Catalan"

 
CNIL n° 748970 V2