Depuis les temps les plus reculés à nos jours,
Reynès vit, se développe, se transforme et laisse des traces,
des empreintes, dans le paysage, les demeures et les souvenirs.
Quel plaisir de parcourir cette histoire, d'imaginer ces hommes et ces
femmes qui nous ont précédés sur ces terres.
Vous trouverez ci-dessous de la préhistoire à Internet,
la vie et le parcours de notre commune.
Préhistoire - haut Le site de Reynès était déjà habité entre le Néolithique (5000
ans a.v. J.C.) et le Chalcolithique (2000 ans a.v. J.C.). Des
fouilles archéologiques (Cova de la Dona)
ont permis de trouver des fragments de poteries, une petite
hache de pierre verte polie, des éléments d'un ou plusieurs colliers et
un poinçon en os poli.
On
a également pu reconstituer, à partir de tessons de céramique, un grand
vase, au magnifique lustré, orné de cannelures, appartenant à une époque
plus récente, l'Âge du Bronze final (1000 ans a.v. J.C.).
Ces objets sont actuellement exposés au musée archéologique de Céret.
Au Néolithique final, nos ancêtres ont commencé à édifier de grands tombeaux
de pierre, les dolmens. Un seul dolmen, pillé et ruiné est signalé dans
le nord de la commune, au lieu-dit Camp d'en Seris, non loin de la Chapelle
de Notre Dame de la Roure, près de la limite du territoire de Taillet.
D'autres en Vallespir sont mieux conservés
: Caixa de Rotllan à Arles sur Tech, Cova de Rotllan de Corsavi, et celui
de Siureda à Maureillas.
(sources : Jean ABELANET)
Époque Romaine
- haut
Après les Ibères, les Romains arrivent dans notre région, qu'ils appellent
Pagus Vallis Asperi, et d'où est issu le nom Vallespir.
On doit aux Romains des nouvelles voies de communications comme la Via
Vallespiriana, qui traversait le territoire de Reynès pour aller à
la station thermale d'Acquae Calidae (devenue les Bains d'Arles).
Plusieurs fragments d'amphores ont été retrouvés dans le secteur du Vila.
Envahisseurs-
haut
Les Wisigoths, puis les musulmans, ont laissé peu de traces. L'époque
carolingienne est marquée par le début de l'expansion agricole. Dès la
fin du VIIIème siècle de petits noyaux de population venus du sud et repoussés
par la conquête musulmane, apparaissent en Vallespir.
Avant 817, sera crée le premier monastère d'Arles dans les anciens Bains
Romains.
La mention la plus ancienne du site de Reynès date de 988, sur un acte
de donation d'une vigne au monastère d'Arles.
Le Vallespir faisait alors partie du Comté
de Besalú.
Moyen Âge-
haut
Le château de Reynès fut construit probablement au XIème siècle, il n'en
reste rien aujourd'hui. L'église de Sant Vicenç de Reiners est déjà citée
en 1027. En 1111, le Comté de Besalú est intégré à la Maison des Comtes
de Barcelone.
Au XIIIème siècle, notre région dépendait du Comte de Barcelone et roi
d'Aragon Jaume 1er. Près des fontaines et des rivières, on construisit
de nombreux mas, autour desquels furent exploités des jardins, des champs,
des forêts, des prairies, des oliveraies et des vignes.
Au bord du Tech, de la Ribera Ampla, de Ballera et de la Palmera, il y
avait des moulins à eau pour produire de la farine. La population augmenta,
et à la fin de ce siècle, on comptait plus de 70 mas.
Dans la première moitié du XIVème siècle commença une période de crise
due à des mauvaises récoltes, des famines et des épidémies de peste. La
population diminua. Beaucoup de mas furent abandonnés. À la fin du Moyen-Âge
il n'en restait que 14 habités sur le territoire de Reynès.
Renaissance-
haut
À partir du XVIème siècle, des gens venus de villages voisins, du Haut
Vallespir et surtout des Occitans du Royaume
de France arrivèrent à Reynès. Une nouvelle période de prospérité commença.
Alexis d'Albert, le seigneur du lieu, accorda en 1600
la construction d'une forge (D'où La Forge de Reynès).
En 1659, le Traité des Pyrénées rattache le nord de la Catalogne, dont
Reynès, au royaume de France. La résistance anti-française en Vallespir
est marquée par les révoltes des "Angelets" contre le nouvel impôt sur
le sel. Les "Angelets" trouvaient parfois refuge dans les mas de la montagne.
Après les guerres et les crises du XVIIème siècle, le XVIIIème connaît
une nouvelle et longue croissance. Un édit de 1700 impose le français
dans les documents publics et judiciaires. En 1702, un notaire de Céret
essaye, sans y parvenir, de rédiger en français, un inventaire de propriété
à Reynès. Malgré les progrès du français administratif durant le XVIIIème
siècle, le catalan restera la langue écrite de l'usage privé, jusqu'au
début du XIXème.
La Révolution-
haut
La révolution française voit la création de la commune de Reynès, constituée
par l'association des paroisses de Reynès et du Vilar, d'où la forme de
la commune et sa dispersion.
Dans les années qui suivent la Révolution, les monarchies européennes
vont prendre position contre la France. En avril 1793, les royalistes
espagnols envahissent le territoire pour lutter contre la République.
Des batailles ont eu lieu sur la commune entre les français et les troupes
du général RICARDOS, aidées par une partie de la population du Vallespir
qui reste sensible au prestige du clergé réfractaire, au poids des traditions
et aux liens naturels avec le reste de la Catalogne.
XIXième Siècle-
haut
Après cette période de troubles, durant le premier tiers du XIXème, Reynès
connaît une nouvelle croissance démographique grâce aux apports d'habitants
venus des villages voisins et surtout du Haut Vallespir,
dans un mouvement général de reflux qui commence à se dessiner depuis
la montagne, vers les terres moins rudes du bas Vallespir
et de la plaine du Roussillon.
En 1825, une piste étroite reliait Céret à Arles. Les communications se
faisaient surtout à dos de mulet et les rivières se traversaient à gué.
La route actuelle date de 1840, époque où la reine Amélie, épouse de Louis-Philippe,
roi de France, soignait ses rhumatismes aux "Bains d'Arles".
1861 voit l'inauguration du canal d'arrosage d'Amélie - Reynès - Céret
- Maureillas - St Jean-Pla-de-Corts, permettant l'arrosage d'un important
périmètre en rive droite du Tech.
La situation économique était bonne à cette époque, une mine de talc commença
à être exploitée en 1876 et une usine de broyage fut ouverte en 1888.
La mine fermera en 1975.
En 1895, la voie ferrée Elne - Arles sur Tech est construite, dont le
double pont du VILA ("Pont de Fer"), réalisé dans le style EIFFEL, sur
la partie supérieure circulaient les trains, marchandises et voyageurs,
sur la partie inférieure circulaient les véhicules. De nombreux ouvrages
sont en pierre de taille (Pont de la rivière Ample). Une ligne de voyageurs
est créée, mais son existence est éphémère. Elle sera supprimée vers 1970
après avoir été transformée en ligne de marchandises.
Notre
Siècle- haut
Au début du XXème siècle, le catalan a cessé d'être une langue écrite
mais demeure la seule langue parlée. Le français est encore inconnu à
Reynès. L'instituteur aura un rôle déterminant
dans la divulgation de cette langue.
La première Guerre Mondiale, et dans une moindre mesure l'émigration pour
fuir la guerre, dépeuplèrent considérablement la commune. Le monument
aux morts fait état de 33 victimes.
Malgré l'établissement de la frontière de 1659, la population des villages
limitrophes comme Reynès n'a jamais cessé de se déplacer d'un état à l'autre
pour fréquenter les fêtes votives (Santa Llúcia à la Jonquera, les Salines
à Maçanet de Cabrenys), pour travailler, se marier...
La frontière a aussi une fonction protectrice. À la fin de la guerre d'Espagne,
en 1939, fuyant l'armée franquiste, des milliers de réfugiés civils et
militaires républicains vaincus, transitèrent par le Vallespir.
La 2ème Guerre Mondiale fut moins éprouvante pour Reynès qui constitue
un important point de passage et d'évasion vers l'Espagne. Au nord du
Tech, des maquisards, issus en partie de l'ancienne armée républicaine
espagnole, sont de temps à autre ravitaillés par des habitants de la commune.
Le 19 août 1944, la retraite des troupes allemande est contrariée par
une embuscade menée par le Maquis du Vallespir
au pont de fer, où le Capitaine François MADERN trouve la mort.
La crue d'Octobre 1940 (Aïguat) cause de nombreux dégâts sur la commune,
dont la destruction du pilier central du pont de fer de La Forge et l'inondation
de certains de ses quartiers, des éboulements de la route à les Embauçades,
la disparition de l'usine hydroélectrique de La Cabanasse, la passerelle
du domaine Saint Paul dont il reste un pilier.
Avant les grandes crues de 1940, le Tech était un fleuve qui serpentait
au fond de la vallée tout au long de ses rives étaient installés des usines
(électricité, espadrilles, usine de chocolat, l'usine de talc au Pont
de Reynès), les plus beaux vergers s'épanouissaient sur les berges du
fleuve du haut Vallespir, jusqu'à la mer s'étendaient
des activités agricoles et industrielles.
Après le passage de l'eau, le lit du fleuve s'est considérablement élargi,
de ce fait le niveau de l'eau a baissé, il ne subsiste plus de culture
par manque d'irrigation et les industries de l'époque n'ont pas été reconstruites.
Plus près de nous -
haut
Dans les années cinquante et soixante, le monde rural traditionnel disparaît
progressivement, mais l'abandon des campagnes va être compensée par l'arrivée
de nouveaux habitants.
La population est passée de 560 habitants en 1946 à 1218 en 1999. La croissance
est imparable à partir des années quatre-vingts, avec le développement
des lotissements et du tourisme.
L'évolution démographique d'une commune a toujours été
d'importance, preuve en est l'anecdote de 1973 :
"PYRÉNÉES ORIENTALES : REYNÈS REFUSE D'ÊTRE COUPÉE
EN DEUX !"
Le plan de fusion des communes des Pyrénées Orientales prévoit de partager
en deux la petite commune de Reynès (693 habitants), pour rattacher chacune
des deux moitiés aux communes les plus proches. Le Conseil Municipal s'est
réuni le 11 novembre pour s'élever de façon énergique contre ce jugement
de Salomon.
Dans une lettre adressé au Préfet, M. le Maire écrit : "j'ai été surpris
de constater que l'on propose (chose unique dans le département) de démanteler
notre commune en deux parties, dont l'une, plus équipée, serait rattachée
à Amélie-Les-Bains, et l'autre à Céret. Le Conseil Municipal, à l'unanimité,
m'a chargé de vous informer qu'en aucun cas il n'accepterait ce partage
entre voisins. Il me paraît donc que si des études étaient en cours dans
ce sens, elles s'avèrent d'ores et déjà inutiles." Extrait
de la Vie Publique (Journal National des Collectivités Locales) février
1973
Internet - Haut
Aujourd'hui, l'avancée technologique et l'informatique nous propulse
sur Internet : Les autoroutes de l'information ! Pour nous, simplement
le moyen de mieux communiquer.
Internet est un média, au même titre qu'un magazine ou qu'une
chaîne de télévision. Avec en plus la multitude de
sujets et d'Internautes. En effet, l'avantage majeur, c'est la possibilité
de montrer et d'être vu à des milliers de kilomètres.
Pourquoi ? Et pourquoi pas, il y a quelques milliers d'années le
premier Reynésien laissait dans une grotte, une hache en pierre
polie.
Aujourd'hui, à nous de laisser notre trace, avec nos moyens.